Alauzet, l’homme qui n’était nulle part

Exclu de la marche pour le climat qu’il avait opportunément rejoint samedi dernier, le député LREM Eric Alauzet essaie comme il peut de se sauver la face. Ainsi prétend-il dans la presse locale et sur les réseaux sociaux qu’il n’était plus présent dans le cortège depuis plusieurs minutes lorsqu’un dénommé Charles, militant à l’association ANV COP21, l’a prié au micro de bien vouloir monter à la tribune s’expliquer au sujet de ses positions politiques, selon lui incompatibles avec l’objet de l’événement, ou à défaut de quitter les lieux. [Voir notre vidéo.] Alauzet, bel et bien présent à ce moment-là, assure aujourd’hui avec aplomb qu’il ne l’était pas. Et tant pis pour les quelque 400 écologistes rassemblés à la promenade Micaud, sûrs et certains d’avoir vu de leurs propres mirettes l’élu partir sous les huées. Ils déliraient sans doute collectivement.

Mais voilà, si le député macroniste prétend ne pas être là où l’on dit qu’il se trouve, il n’est pas non plus là où il prétend être. Dans les jours suivant ce fâcheux événement, plusieurs articles parus dans la presse locale sont venus nous indiquer, ô joie, qu’Eric Alauzet, candidat aux prochaines élections municipales, commençait séance tenante une tournée des quartiers bisontins pour présenter à la population ses « premiers éléments programmatiques ». Palente le 9 Décembre et Planoise le 10 Décembre, de 17h30 à 19h15. Une belle annonce de proximité vis-à-vis des quartiers populaires ! On est allé vérifier par nous-mêmes si l’élu s’y rendait, tel qu’annoncé, ou si l’on nous prenait pour des truffes.

A Palente, notre correspondant a trouvé sans difficulté les militants LREM en train de garer leurs SUV place des Tilleuls avant de se livrer à un exercice de porte-à-porte dans les pavillons voisins. Mais pas d’Alauzet à l’horizon. « Eric ne sera pas là physiquement, et alors ? Il a une équipe ! » a lancé un militant de la première heure, avant de disparaître dans une rue adjacente. A 19h, le candidat ne montrait toujours pas le bout de son nez. Le lendemain en fin d’après-midi, Place Cassin, on a de nouveau aperçu le petit groupe, cette fois accompagné de la conseillère municipale Karima Rochdi et de Denis Baud, un ex-élu socialiste s’étant jadis illustré dans la lutte contre les graffitis urbains. Bien qu’étant annoncé en chair et en os par une presse locale décidément très connivente, Alauzet était encore aux abonnés absents. Est-on au moins sûr que l’élu existe vraiment ?