Dans ses priorités de campagne, Eric Alauzet oublie déjà l’écologie

Depuis qu’Eric Alauzet s’est déclaré en campagne pour LREM aux élections municipales de Besançon, voilà déjà deux mois, sa petite équipe sillonne tous les quartiers de la ville pour faire remplir aux habitants un questionnaire destiné à « identifier les priorités politiques de 2020 ». Souvenez-vous : la presse locale avait servilement annoncé cette « consultation des Bisontins » sans même avoir pris connaissance de son contenu. En bon praticien de la transparence, le député Alauzet avait tenu à le garder secret. Vous allez comprendre pourquoi.

Il y a quelques jours, « Le Compost » a croisé dans le quartier de la Butte trois marcheurs interpellant les badauds sous la surveillance de Frank Monneur, le directeur de campagne d’Eric Alauzet. On s’est bien sûr approchés du petit groupe en faisant mine de ne pas le connaître. « Nous sommes l’équipe de campagne d’Eric Alauzet s’est présentée une militante. Mais nous sommes LREM élargi, hein, avec les écologistes ! » Tiens donc, Europe écologie les Verts auraient-ils rallié Alauzet sans qu’on en soit informés ? « Pas du tout, pas du tout ! nous rassure notre interlocutrice, nous n’avons rien à voir, nous revendiquons une écologie pragmatique. L’écologie frontale et radicale de Mme Vignot [adjointe EELV] ne marche pas ! »

Polis comme à notre habitude, nous acquiesçons aux propos des marcheurs comme des animaux de plage arrière. Après tout, nous sommes là pour participer à leur grande expérience démocratique, pas pour porter la contradiction. Libre à eux de croire que EELV, qui a voté la bétonisation des Vaîtes avec l’ensemble de la majorité politique, pourrait représenter localement une quelconque radicalité. La macroniste me tend son smartphone et me demande, parmi les propositions qui apparaissent à l’écran, d’en choisir deux « pour aider Eric Alauzet à savoir ce qui est important aux yeux des habitants ». Son formulaire – celui qui avait été caché à la presse – se décline en cinq propositions.

1) Des élus et des services proches des habitants

2) L’éducation et une responsabilité partagée par tous

3) Des personnes âgées mieux intégrées dans la ville

4) Des handicapés mieux intégrés dans la ville

5) Une offre de logement à prix abordable

«  Toutes ces idées sont certes importantes, lui fait-on remarquer, mais elles ne correspondent pas à ce qui paraît être la priorité absolue, sans laquelle aucune de celles-ci ne pourrait exister.

– Laquelle ?

– Eh bien, la préservation du climat et de notre cadre de vie. Vous savez, l’écologie dont vous parliez il y a quelques instants… »

Après un bref moment de sidération, la marcheuse me retire sèchement son téléphone des mains.

« Ah, ça, non, je suis désolée, y a pas ! Il faut choisir parmi les cinq propositions qu’on a déterminées pendant nos travaux, pas plus ! C’est le principe d’un questionnaire…

– Il n’y a pas un champs libre où l’on peut écrire ce qu’on veut ?

– Non ! »

Et c’est ainsi que LREM-élargi-aux-écologistes fait campagne !