« Castaner assassin ! » L’outrage qui pourrait consacrer le slogan populaire

On se souvient tous du procès Barbara Streisand et de l’effet éponyme, résumant une situation dans laquelle la volonté de faire taire quelqu’un provoque le résultat inverse. C’est exactement ce que semble produire la mise en examen de trois gilets jaunes à qui la justice reproche d’avoir outragé Christophe Castaner lors de sa visite du 13 mars 2019 à Besançon.

Ce vendredi, trois manifestants étaient appelés à la barre du tribunal correctionnel de Besançon, pour avoir adressé au ministre de l’Intérieur un « Castaner assassin ». Le nom d’oiseau n’était manifestement même pas parvenu à ses oreilles, la population bisontine ayant été tenue à l’écart de son sillage – d’après les flics eux-mêmes – par une « bulle de protection policière ».

Le parquet, seul auteur des poursuites pénales, a requis à l’encontre des manifestants deux mois d’emprisonnement avec sursis [tout en s’abstenant de poursuivre Castaner, qui avait qualifié le même jour certains gilets jaunes d’abrutis.] Résultat ? A peine sortis du palais de justice, une petite centaine de personnes venues soutenir les mis en cause ont scandé énergiquement le slogan litigieux. « On le chantera plus que jamais. Qu’ils viennent nous chercher ! » assurait un habitué des manifs. Décidément, rien ne vaut une bon procès pour faire naître un phénomène de société. Grâce soit rendue au ministère public !


Photographie : Un groupe de gilets jaunes lors de l’audience correctionnelle du 29 Avril 2019 © AR / Le Compost