Eric Alauzet : « Les revendications des gilets jaunes sont d’un désordre absolu, il est difficile d’en tirer quelque chose ! »

Le moment de grâce approche, Jupiter annoncera ce soir ses premières mesures politiques, en réponse aux préoccupations soulevées dans le cadre du Débat national. A en croire les récentes déclarations d’Eric Alauzet, député de la deuxième circonscription du Doubs, il est fort à parier que les gilets jaunes, dont on a senti le tempérament quelque peu électrique lors de l’acte XXII, ne seront guère plus calmes au terme de cette allocution présidentielle. « Les revendications des gilets jaunes sont d’un désordre absolu, il est difficile d’en tirer quelque chose » expliquait-il le 8 mars à Besançon à des militants de la République en marche venus débattre avec lui de la sortie de crise.

Il est vrai que dans les cahiers de doléances de sa circonscription, récemment versés aux archives départementales, de nombreuses propositions sont de nature à déconcerter la macronie : création de vrais moyens de lutte contre l’optimisation et l’évasion fiscale, adoption du RIC, défense des services publics, mise à l’arrêt du projet de bétonisation des Vaîtes, et même un message adressé au maire de Besançon Jean-Louis Fousseret, le priant de bien vouloir reverser une partie substantielle de ses 6000 euros d’indemnités mensuelles à des associations d’utilité publique. Autant de projets s’éloignant apparemment de sa conception de l’intérêt général.

Pour venir à bout des mouvements sociaux, les soutiens locaux de la République en marche défendent de tout autres idées. Lors de leur dernière réunion, ceux-ci ont suggéré au parlementaire « d’attaquer le mille-feuille territorial » [traduction : supprimer des postes de fonctionnaires] ou de faire en sorte que les communautés de communes se substituent aux conseils départementaux pour « repérer efficacement les farfelus vivant de la charité publique et refusant de travailler ». La plupart d’entre eux s’accordent également à penser qu’il serait bon d’augmenter davantage le prix de l’électricité afin de « mieux responsabiliser les consommateurs ». Moins d’emplois, moins d’aides sociales et moins de chauffage pour les plus précaires ! Pour que tout soit enfin en ordre.


Photographie : Eric Alauzet lors d’une commémoration patriotique en 2018 © AR / Le Compost