Universités : la guerre est déclarée entre Besançon et Dijon

Depuis quelques jours, une imposante campagne publicitaire se fait remarquer à Besançon, aux entrées de la ville jusqu’aux abords des campus. Elle invite les étudiants bisontins à aller s’établir à Dijon : « Rejoignez l’université de Bourgogne ! », « Plus de 400 formations ! » titrent de nombreux « quatre par trois » aux couleurs vives. Qui a dit que la fusion des régions Bourgogne et Franche-Comté, officialisée le 1er janvier 2016, devait empêcher Dijon et Besançon de se tirer la bourre ?

Ce coup de canif dans les promesses de coopération intra-régionale a déjà fait grincer quelques dents, à commencer par celles de Jacques Bahi, président de l’université de Franche-Comté. Le Compost a mis la main sur l’un de ses courriels envoyé le 7 Février à l’ensemble de ses administrateurs, dénonçant une « communication irresponsable et véritablement polémique », qui illustre selon lui « une guerre politique » entre les deux anciennes capitales régionales. « Elle va à l’encontre du projet d’université fédérale que nous construisons et qui nécessite une coopération sereine entre les établissements afin de faire de l’ensemble de la Bourgogne-Franche Comté une région forte de son enseignement supérieur et de sa recherche« , déclare-t-il.

Côte-d’Or,  j’adore !

De son côté, Alain Bonnin, président de l’université de Bourgogne, promet qu’il n’a jamais été consulté au sujet de cette publicité agressive. Elle aurait été élaborée à son insu par « Just Dijon » [sic], une marque de la métropole de Dijon présidée par le socialiste François Rebsamen. Le dispositif de marketing aurait déjà dépensé en 2018 près de 78 000 euros de frais de com’ pour « participer à la dynamisation économique du territoire et contribuer activement à son attractivité ainsi qu’à son rayonnement ». Notamment sur le territoire communal de Besançon, qui se dévitalise déjà au profit de la cité des ducs…

Photographies : Publicités pour l’université et les grandes écoles de Dijon, dans les rues de Besançon, le 10 Février 2019 © Le Compost