Jean-Louis Fousseret : « Les gilets jaunes sont des zadistes, ils viennent pour casser, tuer et foutre en l’air la République ! »

Jean-Louis Fousseret serait-il aussi macroniste que Macron en personne ? Le maire de Besançon, accessoirement président national du centre de formation de la République en marche, n’a pas attendu la sinistre allocution présidentielle du nouvel an pour y aller de son bon mot au sujet des gilets jaunes et de la prétendue « foule haineuse » qu’ils formeraient. Depuis plusieurs semaines déjà, il tire sur eux à boulets rouges lors des réunions pré-électorales qu’il tient aux côtés du député Eric Alauzet dans le caveau d’une brasserie bisontine.

« Le maire craint beaucoup le mouvement des gilets jaunes. Il qualifie ses participants de fous furieux au cours des réunions. Autant dire qu’il évite de les croiser ! » nous informent plusieurs adhérents de LREM. Dans ces rassemblements de la macronie locale auxquels le Compost s’est rendu, il est difficile de ne pas se pincer : les « GJ », en plus d’être envoyés dans le champ lexical de la psychiatrie, sont régulièrement accusés par l’édile d’être des « zadistes venus pour casser, tuer et foutre en l’air la République ». Comprenons : de la défense des sites naturels au crime, il n’y a parfois qu’un pas ! Les jours où il verse complètement dans le conspirationnisme, JLF explique à ses militants que les gilets jaunes viendraient de Notre-Dame-des-Landes et qu’ils auraient tous essaimés sur les ronds-points, partout en France, suite à l’abandon du projet d’aéroport par le gouvernement. (Espérons pour l’élu que ceux-ci ne migreront pas un jour aux Vaîtes, un quartier dont il expulse les agriculteurs, achetant leurs terres maraîchères à vil prix pour que des promoteurs immobiliers puissent les bétonner.)

Si les gilets jaunes sont taxés d’être des criminels par celui qui est censé porter prochainement leurs revendications à l’échelon supérieur dans le cadre du débat national à venir, il est fort à parier que la volonté des « Gaulois réfractaires » ne sera écoutée que d’une oreille. C’est ce que suggèrent d’ailleurs très précisément l’apparence et les modalités de communication du cahier de doléances bisontin ouvert par le maire à l’Hôtel de ville. Un document à spirales non paginé dont la couverture, sans doute unique en France, porte l’inscription « cahier de doléances des gilets jaunes ». Comme si la concertation nationale ne s’adressait qu’à une partie des citoyens. A l’accueil de la mairie, conséquemment, certains agents se chargent de restreindre l’accès au cahier : « C’est celui des gilets jaunes, par rapport à ce qu’il se passe en ce moment. Votre doléance concerne plutôt le ministère ! » y a-t-on récemment entendu, en réponse à une dame qui demandait le cahier de doléances pour s’y plaindre du montant de sa retraite… « Vous avez écrit au ministre ? »

Photographie : Jean-Louis Fousseret aux Journées Granvelle 2018 © AR / Le Compost